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KAPPESITZUNG ET CARNAVAL


Qui retrouvera dans les mémoires et les grimoires l’origine de ces fêtes populaires ?

Venues de la nuit des temps, mêlant les rites religieux et les pratiques païennes, traversant les vicissitudes historiques et les bouleversements sociaux, elles continuent à se manifester ici et là, à quelques variantes près, parfois teintées de modernisme.

En attendant d’autres certitudes, restons-en à ce qu’en résumait Maxime KLEINPETER, ancien vice président de l’Amicale, qui présentait ces soirées : des fêtes d’inspiration rhénane dans la tradition des régions du Nord de l’Alsace et de la Lorraine.

La Kappesitzung - la Fête des Chapeaux - a lieu généralement au soir du 11 novembre, et c’est à 11 heures 11 minutes qu’on élit le Roi et la Reine du Carnaval.
La désignation d’un couple royal est une adaptation récente : on ne connaissait jadis que le Prince du Carnaval puisque seuls les hommes participaient à cette coutume !

En Alsace on mangeait des harengs - en Lorraine on préférait le boudin noir
- autour de cette bière moussante dont les reflets ambrés ajoutaient à la gaîté des tavernes…
On mangera donc des plats de harengs aux pommes de terre accommodés de plusieurs façons par nos équipes de cordons bleus. Les tonneaux de bières seront au garde à vous.

On portera le chapeau et, dans une atmosphère détendue, on chantera de bon cœur ; on racontera de bonnes et innocentes histoires ; la licence liée à la période carnavalesque autorisera ce soir-là des imitations ironiques, des propos prêtant à dérision, des calembours irrévérencieux, voire des critiques moqueuses des travers du menu peuple et de la société en général.


La parole sera à tous, sans protocole ; le micro passera de main en main ; prolixe et inspiré, quelqu’un se lancera dans un sketch presque improvisé ; d’autres préfèreront le monologue ou les truculences du dialecte… Bref, c’est la fête de tous : ceux qui aiment exprimer publiquement ‘leur grain de folie’ et ceux qui préfèrent le garder secret et ne s’en amusent pas moins.

‘Pourquoi, disait Erasme, le grand humaniste qui aimait séjourner dans nos deux provinces, pourquoi ai-je mis cet accoutrement inusité ? Si c’est pour paraître un peu fou, cela me convient à merveille’.

Aujourd’hui encore, on comprend bien ceux qui veulent un instant oublier le réel et le quotidien : chacun a le plus grand besoin de s’en évader pour un soir.

Quelques mois plus tard - le temps de créer son costume - le repas du Carnaval verra défiler les silhouettes fantaisistes surgis des goûts, des rêves ou des fantasmes des convives, autorisés pour un temps à vivre un monde à l’envers et à outrepasser les limites du raisonnable…
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